Transavia France reçoit son 32e Boeing 737-800

Reportages

 

Paris le 9 avril 2018 – Le commandant Simon Leblanc, Chef pilote chez Transavia France, nous explique les particularités d’un vol de convoyage entre Seattle et Orly en Boeing 737-800.

Flight-Report a participé au convoyage du 3e Boeing 737-800 livré cette année à Transavia et revient sur les aspects techniques de ce vol spécial.

Le vol de convoyage d’un appareil neuf destiné au moyen courrier sur une longue distance est forcément particulier. Pour nous éclairer sur le sujet Flight-Report a interrogé le commandant Simon Leblanc, chef pilote chez Transavia depuis 2012. Avec plus de 10000 heures de vol à son actif dont plusieurs « delivery flights » il revient pour nous sur les spécificités de ce type de vol :

La première particularité est que,compte tenu de la durée totale du vol qui approche les 12 heures (dont une heure d’escale à Keflavik pour recharger du kérosène), la réglementation impose qu’il y ait 3 à PNT bord .  Cela peut être , comme sur le vol du F-HTVJ, deux commandants et un copilote ou un commandant et deux copilotes qui se relayent durant le vol.

Chaque PNT doit être obligatoirement qualifié MNPS (Minimum Navigation Performance Spécification) pour voler dans l’espace Atlantique Nord ou sont appliquées des procédures particulières. Cette qualification s’obtient après une formation au sol et à l’occasion d’un vol en ligne.

Une partie du trajet entre SEA et KEF

La préparation du vol est également plus complexe qu’un vol de routine. Le 737-800 de Transavia n’est pas certifié ETOPS et l’appareil doit être au maximum à une heure de vol d’un terrain de diversion. Compte tenu des données météo, du survol de grandes zones désertiques et de la disponibilité des infrastructures la préparation est méticuleuse. Il faut savoir qu’un seul terrain fermé sur le parcours peut empêcher le vol décoller de Seattle.

En vol entre SEA et CDG avec de superbes aurores boréales vue du cockpit.

Avant le vol de livraison, le tout premier vol appelé B1 (B pour Boeing) est effectué par un équipage d’essai de Boeing qui teste lors d’un vol les moteurs, les systèmes hydrauliques et électriques etc. Si ce vol n’est pas satisfaisant un deuxième vol (B2) est alors effectué, et ce jusqu’a ce que l’appareil soit prêt. S’ensuit un vol C1 ( C pour client) effectué par un pilote de Transavia , un pilote et un mécanicien de Boeing. Même procédure que pour le B1 en cas de problèmes.

Nos 3 pilotes : Antoine , Romain et Simon prêts à traverser l’Atlantique Nord

L’avion n’a donc qu’environ que 6 heures de vol lorsqu’il est pris en main par les PNT de Transavia pour son vol vers Orly ou il sera basé.

Le stop de Reykjavik dure juste le temps de refaire le plein de kérosène auquel s’ajoute, en hiver, un nécessaire dégivrage. Sur ce vol notre appareil est parti avec 21 tonnes , a consommé environ 15 tonnes entre SEA et KEF et a emporté 9 tonnes à KEF.

Contrairement à une voiture, un avion ne nécessite pas de rodage et se comporte exactement de la même manière en vol qu’un appareil ayant déjà de nombreuses heures de vol à son actif.

C’est également le vol le plus long qu’effectuera l’appareil qui est ensuite affecté au moyen courrier de la compagnie !

Un programme bien chargé et bien sympathique attendait les médias conviés au « Delivery Flight » du 737-800 immatriculé F-HTVJ qui a été mis en ligne sur le réseau Transavia France le 4 avril.

Jugez en par vous même : vol direct Paris Seattle ou Air France est de retour depuis le 25 mars avec un 777-200 équipé en cabine Best, visite du Boeing 737 configuration studio et plusieurs conférences par des cadres de Boeing, découverte de l’usine de production de Renton et visite du Museum of Flight de Seattle et enfin , cérémonie de livraison du 32eme 737-800 à rejoindre la flotte de Transavia France en présence de Nathalie Stubler la CEO de Transavia, et enfin clou du programme, le vol retour à bord de l’appareil tout neuf via une escale technique à Reykjavik. En prime : de superbes aurores boréales en vol.

Quelques images des usines de Renton,Severine et Iolene les deux hôtesses du vol TO747 , l’équipage pour la cérémonie de livraison et le superbe Museum of Flight : un must pour tous les Avgeeks en visite dans la région de Seattle.

Un grand merci à l’équipage technique pour sa disponibilité durant ce vol particulier et à nos deux hôtesses tout aussi charmantes que professionnelles.

Article rédigé par Christophe Chouleur Le 9 avril 2018

Passionné d’aviation commerciale, j’ai parcouru le monde depuis mon adolescence et ai foulé le tarmac de près de 190 aéroports sur les 5 continents. Je compte bien en découvrir, et vous en faire découvrir, encore beaucoup d’autres !

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2 comments on “Transavia France reçoit son 32e Boeing 737-800”

  1. Quelques précisions (de mémoire):

    – Lorsque le rodage des pièces est requis, il est depuis longtemps effectué avant livraison de l’appareil voir même avant même livraison à Boeing (ou à d’autres) des pièces concernées. C’est donc totalement transparent pour le client.

    – Un vol de livraison s’effectue avec un appareil qui n’est pas vide mais dont la charge marchande (fret et passagers) est réduite au quasi-minimum ce qui permet de voler dans des configurations rares (généralement une partie significative du vol est effectuée au plafond de certification soit FL 410 de mémoire sur 737-800), les montées sont aussi adaptées; la vitesse peut aussi être adaptée suivant les possibilités et l’autonomie requise.

    – Certains équipements de confort peuvent ne pas être présents à la demande du client lorsque Boeing n’est pas mandaté/autorisé pour les monter; en ce cas ils sont montés après livraison; les équipements de sécurités sont censés l’être sinon le vol ne pourra pas s’effectuer avec des passagers mais uniquement comme vol d’acheminement technique.

    – Le vol de livraison est l’un des rares vols où l’appareil fait l’objet d’un contrôle douanier (et non sa marchandise ou ses passagers)…

    1. Christophe Chouleur

      Merci beaucoup de ces précisions. En effet l’appareil est armé avec tous les équipements de securité mais une partie des équipements commerciaux est installée à l’arrivée de l’appareil à Orly.

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